
L'électricité produite par les panneaux solaires et les éoliennes dépend du ciel : un nuage ou une accalmie suffit à modifier ce qui arrive réellement sur le réseau. Le projet européen RESPONDENT a misé sur les données spatiales de Copernicus et de Galileo pour mieux prévoir cette production et garder le réseau stable, avec des essais en Grèce et en Espagne — et à la fin, un petit test vous permettra de vérifier ce que vous en avez retenu.
Plus la part du solaire et de l'éolien augmente, plus la gestion d'un réseau électrique devient un exercice d'équilibre. Nikolaos Zotos, directeur général de l'entreprise grecque Future Intelligence, qui coordonne le projet RESPONDENT financé par l'UE, résume le problème : « Avec le passage à des sources d'énergie renouvelables telles que le solaire et l'éolien, qui dépendent fortement des conditions météorologiques, la production d'électricité est marquée par une grande incertitude ».
Pour les gestionnaires de réseau, cette incertitude a un prix : il faut sans cesse ajuster l'offre à la demande, sans savoir précisément combien d'énergie les installations vont fournir dans les heures qui viennent.
La réponse de RESPONDENT consiste à croiser plusieurs sources. La plateforme associe les données de stations météorologiques locales à celles de deux programmes spatiaux européens : Copernicus, consacré à l'observation de la Terre, et Galileo, le système de navigation par satellite. « Nous avons combiné les données satellitaires avec les stations météorologiques locales pour améliorer la précision et mieux prédire la quantité d'énergie qui sera effectivement produite », explique Nikolaos Zotos.
Selon lui, ce mélange de sources permet d'estimer plus facilement ce que les installations solaires et éoliennes fourniront à un endroit donné. Le système réunit en un seul outil trois fonctions : les prévisions de production renouvelable, les prévisions de demande et la surveillance du réseau en temps réel.
Galileo n'apporte pas seulement une position : il fournit aussi un temps très précis. RESPONDENT s'en sert pour garder synchronisées les mesures effectuées en différents points du réseau. Quand toutes les mesures partagent la même référence de temps, les opérateurs repèrent plus tôt ce qui cloche et peuvent intervenir avant que le problème ne s'aggrave.
Le premier site pilote se trouve en Grèce, au parc photovoltaïque KIEFER d'Artemida. Là, l'équipe s'est concentrée sur la prévision de la production renouvelable. Les essais ont commencé sur un nombre limité d'installations, avant de s'étendre à plusieurs centrales réunies sur une même plateforme.
Cet élargissement a eu un double intérêt : tester les prévisions à plus grande échelle et gagner en précision en combinant les données de sites différents.
Le second pilote, à Barcelone, portait sur la surveillance du réseau. Le système a été installé dans une sous-station ainsi que dans un système de contrôle de micro-réseau. La synchronisation fondée sur Galileo y a été testée avec du matériel intégré directement au réseau.
L'équipe a ainsi pu observer le comportement du système dans des conditions d'exploitation réelles, y compris dans les moments où le réseau était sous tension. « Nous avons eu l'occasion de valider la plateforme dans des environnements réels, avec des utilisateurs et dans des conditions d'exploitation réelles », souligne Nikolaos Zotos.
D'après l'article publié sur CORDIS le 21 mai 2026, la précision des prévisions s'est améliorée de 8 à 12 % par rapport aux approches existantes, et la surveillance du réseau est devenue plus fiable. Les essais pilotes ont mis en évidence plusieurs avantages concrets :
Ce dernier point est sans doute le plus parlant : avec des prévisions plus fiables, l'opérateur ne subit plus les changements, il les anticipe.
La technologie a été développée par un consortium de huit partenaires basés dans trois pays : la Grèce, l'Irlande et l'Espagne. Elle est à présent testée en vue d'une éventuelle intégration dans les opérations courantes.
La suite prévue passe par un déploiement plus large : des essais sur des réseaux plus vastes et un outil mis à la disposition d'un plus grand nombre d'utilisateurs.
RESPONDENT montre comment les programmes spatiaux européens peuvent servir très concrètement la transition énergétique. En croisant les données de Copernicus et de Galileo avec celles de stations météo locales, la plateforme prévoit mieux la production du solaire et de l'éolien, de 8 à 12 % plus précisément que les approches existantes. Le temps précis fourni par Galileo synchronise les mesures sur le réseau. Testée à Artemida et à Barcelone, elle permet aux gestionnaires d'agir plus tôt, au lieu de corriger à la dernière minute.
5 questions · une minute